Le cachemire coûte plusieurs fois le prix d’une laine ordinaire, et l’écart de qualité entre deux pulls étiquetés cachemire peut être considérable. Savoir ce qu’on achète évite de payer cher un pull qui boulochera dès le deuxième port.

Pourquoi c’est plus chaud pour moins d’épaisseur
La fibre de cachemire provient du sous-poil de chèvres élevées en haute altitude, où l’amplitude thermique est extrême. Ce duvet est beaucoup plus fin qu’un poil de mouton, environ trois fois, ce qui permet d’emprisonner davantage d’air à volume égal. C’est cet air immobile qui isole, pas la matière elle-même.
Conséquence pratique : un pull en cachemire fin tient plus chaud qu’un gros pull en laine, tout en se glissant sous une veste sans faire de volume. C’est l’argument principal en sa faveur, davantage que la douceur au toucher que l’on met en avant.
Comment reconnaître un bon cachemire en magasin
La longueur de fibre est le critère qui compte, et il ne figure sur aucune étiquette. Les fibres longues donnent un fil régulier qui bouloche peu ; les fibres courtes, moins chères, produisent un pull agréable au premier contact mais qui se dégrade vite.
Deux contrôles permettent de trancher sans expertise. Frottez la maille entre le pouce et l’index une dizaine de secondes : si de petites peluches se forment immédiatement, les fibres sont courtes. Étirez ensuite légèrement la maille et relâchez : elle doit reprendre sa forme instantanément. Une maille qui reste détendue ne s’améliorera jamais.
Regardez enfin le nombre de fils, parfois indiqué. Un deux fils est plus dense et plus durable qu’un un fil, qui reste très léger mais se déforme davantage.

L’entretien, là où la plupart des pulls meurent
Le cachemire ne se lave pas souvent, contrairement à ce qu’on croit. La fibre est naturellement peu odorante et se régénère à l’air libre. Deux à trois lavages par saison suffisent pour un pull porté régulièrement, à condition de l’aérer entre les ports.
Le lavage se fait à la main, à l’eau froide, avec un shampooing doux ou une lessive spéciale laine. On ne frotte pas, on presse. Surtout, on ne tord jamais : l’essorage se fait en roulant le pull dans une serviette. Le séchage se fait à plat, jamais sur cintre, sous peine de voir les épaules s’allonger définitivement.
Le bouloche apparaît sur toutes les pièces, même les meilleures, aux endroits de frottement. Il se retire avec un peigne à cachemire ou une pierre ponce spéciale, jamais avec un rasoir qui couperait les fibres et fragiliserait la maille.

Le rangement, souvent oublié
Un cachemire se range plié, jamais suspendu, pour la même raison que le séchage. En fin de saison, il se stocke propre : les mites sont attirées par les traces de transpiration et de nourriture, pas par la fibre elle-même. Un pull rangé sale est un pull perdu.
Le cèdre et la lavande éloignent les mites sans produit chimique, à condition de renouveler régulièrement, leur efficacité diminuant avec le temps. Une boîte hermétique reste la protection la plus fiable.
Cachemire pur ou mélangé
Beaucoup de pulls affichent une composition mixte, cachemire mélangé à de la laine mérinos, à de la soie ou à des fibres synthétiques. Ce n’est pas nécessairement un défaut. Un mélange avec de la laine gagne en résistance et se déforme moins, pour un toucher à peine moins doux et un prix nettement inférieur.
Le mélange à surveiller est celui avec des fibres synthétiques en proportion importante. Au-delà de vingt ou trente pour cent, le pull perd les qualités thermiques qui justifiaient l’achat, tout en gardant le prix du cachemire. Lisez la composition avant l’étiquette de prix, l’ordre des fibres indiquant leur proportion décroissante.
Combien de temps un bon cachemire doit durer
Un pull correctement choisi et entretenu se porte dix ans ou davantage. C’est ce qui rend le calcul intéressant : rapporté à l’usage, une pièce chère et durable revient souvent moins cher qu’une succession de pulls bon marché remplacés chaque hiver.
Le signe qu’un cachemire arrive en fin de vie n’est pas le bouloche, qui se retire, mais l’amincissement de la maille aux coudes et sous les bras. À ce stade, la fibre est usée et aucun entretien ne la restaure. Une reprise chez un retoucheur peut prolonger la vie du vêtement de quelques saisons si la pièce en vaut la peine.
Ce qu’il faut retenir
- Un cachemire fin tient plus chaud qu’un gros pull en laine.
- Testez le frottement et le retour élastique avant d’acheter.
- Deux à trois lavages par saison suffisent, à l’eau froide.
- Séchage et rangement à plat, jamais sur cintre.
- Rangez-le propre en fin de saison, sinon les mites s’en chargent.